Halo est une licence née sur X-Box avec le jeu Halo – Combat Evolved. A l’époque déjà, il s’agissait d’une révolution en matière de graphismes et d’ambiance. Le jeu avait d’ailleurs profité d’un succès absolument lucratif pour ses créateurs. Sa sortie sur PC avait d’ailleurs renforcé cette popularité grâce au mode multijoueur plus facilement exploitable sur ce support. Le Master Chief est très vite devenu une mascotte pour tous les possesseurs de boites X et une figure de proue pour la firme Crosoft, tel Mario et Sonic pour leurs supports respectifs. Halo 3 est donc le troisième épisode de cette série à grand succès et le plus abouti puisqu’il profite à la fois de l’expérience des deux précédents et des graphismes que lui offre la descendante de la X-Box. Un épisode qui aurait mérité le sous-titre de « Finish the Fight » .
Beaucoup de fans ont attendu cet opus comme le messie, suite à la déception de la fin de Halo 2. C’est également et surtout l’avènement des graphismes de la 360 qui ont rendu l’attente de cet épisode insoutenable. Les premiers trailers, qu’ils soient filmiques ou faits de vidéos, mettaient la bave à la bouche de la façon la plus simple et la plus abondante qui soit. D’ailleurs l’un des trailers plaçait de façon évidente le scénario au centre de ce nouvel épisode. Des images rapides de Cortana et ses paroles mythiques « J’ai défié Dieux et Démons. Je suis votre bouclier, je suis votre âme. Je vous connais. Je connais votre passé, votre future… C’est ainsi que s’éteint le monde » (en anglais dans le texte) rappelaient de façon vive la promesse faite par le Major à cette princesse prisonnière de l’immonde parasite Floods. Sans oublier l’envoi de la plus grande flotte Covenant jamais formée contre la planète Terre. Alors c’est là que nous emmènerait cet épisode ? Au plus profond de la tempête de guerre dévote et aveugle des Covenants ? Et contre l’esprit malade et pervers de l’immortel parasite Floods ? Formidable ! On part quand ?
Comme je l’ai dit, Halo 3 a repris tout ce qui faisait le succès des opus précédents. Citons pour exemple l’utilisation des marines comme alliés. Dans Halo, les alliés sont très particuliers en cela qu’ils ne sont pas particulièrement bons, à peu près du niveau des Jackass (oui je sais que ce sont des Jackals mais je préfère Jackass) Covenants mais qu’ils peuvent se révéler très utile dans certaines situations. Depuis Halo – CE par exemple, un marine avec un sniper devenait rapidement un adversaire redoutable, redoublé pour peu qu’il soit passager d’un Warthog. Le fusil d’assaut à zoom de Halo – CE fait d’ailleurs une glorieuse réapparition dans Halo 3, en tant que l’une des meilleurs armes de l’arsenal du Major. L’épisode 2 a également apporté bon nombre de ses innovations de l’époque, vite devenues indispensables. La nature destructible des véhicules par exemple, bien qu’elle soit moins facile que dans Halo 2. La permanence prisée du sergent Johnson également, roi des Marines et du sniper. On retrouve la possibilité de porter deux armes légères, une dans chaque main, le fonctionnement du bouclier reste le même que dans Halo 2… Bref, tout ce que Halo – CE et Halo 2 avaient établis, Halo 3 l’a repris et l’a amélioré jusqu’à son meilleur niveau.
Mais ce n’est pas pour autant qu’il n’y a aucune innovation, loin s’en faut. En matière d’arsenal, le Major se voit offrir la possibilité, très populaire auprès des joueurs, d’arracher les tourelles de leurs trépieds pour se promener avec et profiter de leur phénoménale puissance. Moins prisés, on trouve également une panoplie d’objets d’aide dont beaucoup sont d’une utilité largement négligée ! On trouve, entre autre, des mines, des boucliers Covenants portatifs, des EMP, des modules d’invisibilité, des modules d’invincibilités… Oh et rassurez-vous, si vous ne pensez pas à les utiliser, l’adversaire y pensera lui, et vous pourriez bien le regretter. Un objet aussi simple et répandu que la boule protectrice viendra très vite à vous manquer en mode légendaire. Apparition également de deux nouvelles grenades, la Shrapnel, pouvant se plaquer à certains ennemis pour un effet dévastateur, et la Molotov, tellement rare que je ne me souviens pas l’avoir utilisée une seule fois. En matière d’armes, l’arsenal reste classique : Magnum de Halo 2, pistolet à plasma Covenant, fusil d’assaut avec lunette de visée, fusil de précision Covenant… deux ajouts notables cela dit : Le pistolet à aiguilles brute et le « pistolet à pompe » brute, puissance légèrement moins puissante que le fusil à pompe humain mais bien plus rapide et possibilité d’en porter deux, basé sur le même principe que ledit fusil. Cela dit, quelques armes sont clairement avantagées ou peut-être simplement plus efficaces que les autres. Je me suis très, très souvent retrouvé équipé et du fusil d’assaut à lunette humain et de la carabine Covenant qui sont pourtant l’équivalent de l’un et de l’autre. A noter l’augmentation de puissance offerte au Needler, pouvant le rendre bien plus utile. Oh et… pensez à faire un détour par la case Gravity Hammer si vous en avez l’occasion… Quant aux véhicules, ils sont loin d’être en reste puisqu’on peut en noter quatre nouveaux : Le Chopper brute, formidable moto d’assaut, le Mangoose du CNSU, véhicule biplace très léger et hyper rapide, le Prowler brute, véhicule parfait pour l’escorte, et le Hornet du CNSU, dernier arrivant aérien fait spécialement pour que les Banshees ne soient plus les déesses du ciel.
L’histoire : Tandis qu’elle était accessoire dans le premier épisode, comme pour beaucoup de FPS, l’histoire originale s’est vu offerte de la profondeur grâce au roman « La Chute de Reach » dans lequel on apprenait l’origine du projet Spartan, les débuts de John-117 et la création de Cortana ainsi que l’origine de la guerre entre humains et Covenants. Dans le 2, elle prenait plus d’importance puisqu’elle introduisait un second protagoniste, l’Arbiter, ainsi que l’abominable parasite des profondeurs, le Gravemind. On y était confronté aux déboires politiques internes des Covenants, aux difficultés grandissantes des humains à se défendre contre l’armada des Grand Prophètes, à la fonction religieuse du Halo, au rôle de 343 Guilty Spark. Bref, dans Halo 2, toutes les histoires se liaient et tous les clans se formaient, comme s’il avait été évident depuis Halo – CE que Halo 2 ne serait que le chapitre qui introduirait le 3 et rien de plus (ci ce n’était un excellent jeu multijoueur et le plus difficile de la série en mode un joueur).
Et donc arrive Halo 3. Le scénario est cette fois le cœur du jeu, ce n’est plus un accessoire, ce n’est plus une trame de fond, c’est devenu le but du jeu de connaître chaque péripéties du Major jusqu’à l’aboutissement inévitable de son périple. Quelques semaines après Halo 2, le Major saute d’un véhicule en perdition pour s’écraser en pleine forêt. Il est retrouvé par le sergent Johnson, devenu un ami depuis les événements de First Strike (troisième roman de l’univers Halo) et rapatrié à la base souterraine de Crow’s nest, nouveau camp de base d’Amanda Keyes. Au fil des missions, le Major et l’Arbiter s’allieront de façon permanente pour à la fois repousser les Covenants de New Mambossa, pourchasser Vérité sur l’Arche avec l’aide de 343, suivre la trace de Cortana au milieu d’un océan de Floods… Autant d’aventures épiques qui promettent autant de combats spectaculaires que de scènes cinématiques émouvantes.
Le point noir de tous ceci est la tristesse qu’il faille admettre que pour permettre cet accès à l’histoire, la difficulté a été largement revue à la baisse. Il devient fréquent d’abattre les plus coriaces adversaires d’une rafale d’arme automatique suivie d’un coup de crosse dans la tête. Hormis cela, l’histoire en elle-même regroupe tout ce qui fait la réussite des récits d’aventure de science-fiction et même la princesse en détresse… Une réussite à tous points de vue qui frôle de près la note maximale.
Le gameplay : Typique de Halo, il n’a pas changé depuis Combat Evolved, ce qui n’est pas un problème. Il n’est toujours possible de porter que deux armes sur soi (3 si on considère les duos) et il y a toujours la possibilité d’échanger ses armes avec celles des marines ou des élites. Jouer le Major ou l’Arbiter ne change strictement rien au gameplay, contrairement au 2 dans lequel jouer l’Arbiter permettait d’utiliser un camouflage de quelques secondes. En revanche, l’utilisation des alliés dans certaines scènes tient de l’indispensable, alors que dans les deux épisodes précédents, le simple fait de les maintenir en vie en héroïque et légendaire tenait du miracle. Il faudra également du temps pour apprendre à apprivoiser des véhicules comme le Prowler tandis que la conduite du Hornet sera un vrai jeu d’enfant.
En ce qui concerne le fait de pouvoir arracher les tourelles de leur trépieds, il faut avouer que cela offre une puissance de feu phénoménale (certaines sont même faites pour dézinguer les adversaires les plus coriaces tel… les Scarabs) mais ralentit forcément un peu vu le poids. Ces tourelles sont assez variées, mitrailleuses lourdes, plasma, lance-missiles, canons gauss, missiles guidés… Quant aux objets auxiliaires, leur aide peut paraître totalement gadget dans les modes de difficulté les plus faciles mais peuvent rendre les voyages du mode légendaire bien moins douloureux. Penser à tuer certains adversaires clés pour leur voler leurs objets peut être une clé de victoire presque obligatoire pour certaines missions si on ne veut pas perdre trop de temps. Une mission en particulier répond à ce critère : Une pièce remplie de brutes invisibles vous permet d’attraper l’un de leurs modules si vous êtes suffisamment habile. Si vous y parvenez, vous pouvez courir à toute allure au travers de la pièce suivante, abattre le chef brute d’un coup dans le dos et lui voler son module d’invincibilité pour ensuite vous faire plaisir au Gravity Hammer au milieu de la débâcle suivant la mort dudit chef. Un gameplay intuitif et simple d’accès à chacun pour permettre une meilleur expérience du multijoueur accessible à tous.
A propos de ce multijoueur, il est d’un gameplay fidèle au mode solo à l’exception de l’inévitable lag de tout FPS en ligne (et des exploits qui en découlent) mais se voit renforcé par les innombrables possibilités offertes par le jeu en équipe (en particulier l’utilisation des massifs tanks Elephants de la map Sandtrap) de belles batailles en perspectives…
Bien entendu tout cela ne saurait valoir un bon contrôle à la Wiimote.
Les graphismes : A couper le souffle. Pour avoir joué à ce jeu sur une télévision grande taille et en HD, je peux vous assurer que rien n’a été laissé au hasard. Les cinématiques clipent à peine (contrairement au 2) même si certaines animations ont été clairement bâclées comme les bras raides de Hood dans l’intro de la mission Crow’s Nest. Les effets de lumière ont également été très travaillés puisque le jeu a eu droit à des effets d’éblouissements. Je parle de situations dans lesquelles par exemple, vous sortez d’un bâtiment peu éclairé, pour vous retrouver en pleine lumière et en subirez quelques instants les effets par un excès de luminosité. C’est gadget et détail mais accroît de beaucoup le réalisme qui donne à ce jeu l’effet « film » qui en transpire. Cet effet gagne d’ailleurs encore plus de crédibilité lorsqu’on se rend compte que le jeu en lui-même et les cinématiques utilisent exactement les mêmes graphismes, l’animation est les angles de caméra en plus.
Sur ce coup-ci, comme pour beaucoup d’autres jeux, il est clair que les possibilités graphiques de la 360 ont été parfaitement exploitées, de l’excellent travail.
La durée de vie : C’est malheureusement là que le bat blesse (car non, Halo 3 n’est pas parfait, même pour moi). Comme dit plus avant, le but du jeu n’est pas tant le challenge que la possibilité de connaître l’histoire et le sort du Major et des autres personnages. Par conséquent, les missions peuvent paraître courtes, trop faciles. Et par conséquent, trop rapides à effectuer. Pour exemple, un ami et moi, fans de Halo depuis le 1, avons bouclé Halo 3 en 5h en légendaire. Oui, nous sommes des hard-gamers, oui, je connaissais déjà le chemin et oui, nous venions de nous refaire le 1 et le 2 en légendaire. Mais ce n’est pas déraisonnable de dire que beaucoup peuvent en faire largement autant.
Alors oui, la durée de vie peut-être considérablement augmentée grâce au mode multijoueur. Mais n’oublions pas que nous parlons ici d’un jeu X-Box. Par conséquent, le mode multijoueur est payant. Beaucoup ne sont pas prêts, à raison, à augmenter la durée de vie de leur jeu pour ce prix là. Par conséquent, je préfère en juger au plus bas et ne considérer que le mode solo et multi-console dans mon jugement.
Même collectionner les crânes, d’ordinaire si difficile dans le 1 et le 2, est relativement simple dans cet épisode. En revanche, collectionner certains accomplissements ne sera pas aussi aisé et contribue aisément au rallongement de la durée de vie qui fait défaut à cet opus.
Le son : Je préfère vous avertir, je ne ferais preuve que de très peu d’objectivité pour parler de la bande sonore de Halo 3. Malgré tous mes efforts, je ne pourrais pas juger des compositions de Martin O’donell sans impliquer mes sentiments…
Mais parlons-en tout de même. Sachez que chaque son d’arme, cris, bruissements de pas, détonation, son de moteur, rien n’a été laissé au hasard et chaque son apparaît au fil du jeu comme s’il ne pouvait y en avoir d’autre pour le remplacer. Le réalisme sonore de Halo 3 en est, pour moi, la marque de fabrique et ce qui permet l’immersion la plus totale dans son univers. Les musiques des niveaux collent, comme elles le faisaient déjà dans le 2, parfaitement aux situations et ne sont ni trop faibles ni trop fortes pour gêner le gameplay. J’ai toujours reproché à Halo de manquer de musique pendant les niveaux mais étant donné la nature discrète de certaines missions, ça n’est pas vraiment un problème. Si on y réfléchit, il serait dommage de se faire tuer d’un coup de crosse d’élite dans le dos simplement parce que les basses en couvraient le cri de guerre.
Mais venons-en à la vraie bande sonore, celle qui couvre les cinématiques. Si on étudie un peu l’histoire du cinéma de ces dernières années, nous remarquons un regain d’intérêt pour les chœurs depuis la sortie des multiples Seigneurs des Anneaux, Star Wars nouvelle trilogie et Matrix. Depuis, beaucoup de films et de jeux vidéo utilisent la qualité sonore de ces ensembles pour leurs plus grandes scènes. Martin O’donell l’a bien appris et applique parfaitement la leçon pour le jeu pour lequel on l’a engagé. Majorité des scènes cinématiques de Halo 3 sont d’une grandeur phénoménale, rien que par la carrure du Major qui nous fait paraître tout petits face aux croiseurs de combats et autres constructions forerunners gargantuesques. Chaque mouvement de véhicule, chaque tir d’obus, chaque explosion, chaque tremblement de caméra est accompagné de crescendos de chorales et autres ensembles de cordes dont la moindre note raisonne en vous comme si elle pouvait atteindre les cordes les plus sensibles de votre être. Lorsque les frissons de votre corps feront écho au cri de défi de l’Arbiter, vous comprendrez ce que je veux dire. Bien entendu, la bande sonore seule ne saurait forcément suffire à tant de sensations mais la réalisation qui l’accompagne (comme les mat painting du Halo reborn) semble avoir été faite pour rendre l’ensemble magnifique. J’ai peut-être l’air d’exagéré mais vu la relation que j’entretiens avec la musique depuis ma plus tendre enfance, je pense avoir gagné le droit d’exprimer ma sensibilité en la matière.
A noter aussi la possibilité très attrayante de jouer le mode histoire en co-opération quatre joueurs pourvu qu’il y ait deux consoles à disposition, ou le X-Box live.
Dans l’ensemble, j’avoue manquer d’objectivité mais ce jeu m’a touché au cœur et je pense qu’il en va de même pour beaucoup de fans. Pour les autres, j’espère avoir pu vous faire partager mon point de vue. La réalisation, accompagnée de la facilité d’accès du jeu, que ça soit au niveau gameplay ou difficulté, et l’importance du scénario, offrent au joueur la même perspective que pour les Metal Gear Solid, celle de jouer un film et d’en contrôler l’acteur principal. Et honnêtement, qui n’en n’a jamais rêvé ? Pour peu que la récompense en soi d’éprouver le contact de la main de Cortana, je suis prêt à retenter l’expérience autant de fois qu’il le faudra.
NOTE : Le doublage français est d’un excellent niveau mais le doublage anglais est d’un naturel bien supérieur. De plus, les doubleurs originaux sont des noms relativement célèbres dans le domaine du doublage de films d’animation et autres jeux-vidéo. L’acteur de l’Arbiter est même connu pour ses rôles dans Platoon, Pitch Black et Armageddon…
|